11 septembre 2008
Première déception
Je vous parlais dans mon précédent billet du choix cornélien qui s'était proposé entre deux postes d'aide-soignant à pourvoir pour début septembre. Finalement mon choix s'est porté sur le poste en Clinique que je devais occuper pour un mois, jusqu'au 30 septembre.
Première bonne prise de contact avec l'équipe qui m'a très bien encadrée, même si évidemment je me sentais complètement perdue les premiers jours. Il faut dire qu'il s'agissait d'un service relativement lourd : chirurgie thoracique, vasculaire et ORL. Ma joie d'avoir trouvé un emploi n'aura finalement duré que.... 4 malheureux jours. Vendredi dernier (mon premier jour de congé !), le téléphone sonne aux alentours de midi (fâcheuse tendance qu'ont les gens à ne pas respecter les heures de repas). Il s'agit de la cadre du service qui souhaiterait me voir dans l'après-midi (adieu mes projets) pour remettre en question mon contrat...
A 16 heures, j'apprends ainsi le verdict : la Direction estime que je possède encore trop de lacunes, dans un service où il faut s'adapter extrêmement rapidement et être opérationnel immédiatement. En gros, on m'a donc donnée 4 jours pour connaître parfaitement les locaux, les malades, les pathologies, la façon de fonctionner du service. Je suis censée en sortant à peine de l'école avoir l'expérience sur le terrain de soignants ayant déja 17 ans de service. Gros coup dur comme vous pouvez vous en douter, car en en plus d'avoir perdu mon travail, j'ai en plus eu droit à l'humiliation la plus totale d'apprendre la nouvelle pendant mon jour de congé alors que la cadre m'avait vue la veille... J'aurai du me douter qu'un coup fourré était en perspective, car les choses n'étaient pas claires dès le départ. Ainsi je n'avais pas eu mon contrat de travail tout de suite, le Directeur étant soi-disant en vacances... Pas de tenues de service, encore moins de casier pour y déposer mes affaires. Pendant 4 jours j'ai du me changer et laisser mes vêtements dans la salle de bain du service, tout en venant travailler avec mes tenues de stage que j'avais bien fait de garder... Etrange manière de fonctionner.
Me voilà donc de retour à la case départ, avec non seulement tout le travail de recherche d'emploi à refaire, sans l'ébruiter autour de moi (de quoi aurais-je l'air ?...), mais en plus avec un gros coup au moral et l'impression d'être incompétente, alors que j'ai déjà si peu confiance en moi à la base. Certes je possède encore des lacunes et des points faibles, mais j'aurai espéré un peu plus de tolérance et de compréhension, partant du principe qu'il y a encore des choses à apprendre et à approfondir. En 4 jours cela me semble cependant difficile...
Conclusion : j'en déduis que les jeunes sans expérience doivent être intéressants à l'embauche car pas chers en terme de salaire, mais en revanche on leur demande un rendement maximum. Moi qui m'étais tournée vers ce corps de métier pour fuir la productivité matérielle et le chiffre d'affaires, je m'aperçois qu'ici la productivité se traduit sous la forme humaine. Une conception que l'on apprend malheureusement pas à l'école.