28 juin 2007
Enfin le bout du tunnel
Après bien des semaines d'incertitude et d'angoisse, je peux enfin partager cette grande nouvelle avec vous : je suis allée voir les résultats de mon concours d'aide-soignante hier après-midi, et j'ai eu la joie d'apprendre que j'ai été reçue dans les deux établissements dans lesquels je l'ai passé ! Mon premier courrier officiel est d'ailleurs arrivé ce matin pour me le confirmer.
J'ai encore du mal à réaliser ce qui m'arrive, je me suis réveillée hier matin sans savoir de quoi serait fait mon avenir, et ma vie change du jour au lendemain, passant du rien au tout en l'espace de quelques secondes, avec de nouvelles perspectives et de nouvelles portes qui s'ouvrent. J'en avais si peu l'habitude... Par ironie du sort, cela va justement faire deux ans jour pour jour que l'on m'a laissée tomber lors de mon ancien boulot sur lequel je comptais beaucoup. Peut-être au fond devrais-je aujourd'hui tous les remercier de m'avoir offert sans le vouloir une perspective d'avenir dans lequel je trouverai certainement un meilleur épanouissement... Je n'ai plus aucun regret.
Mes remerciements vous sont adressés évidemment, à vous tous qui m'avez suivie et soutenue depuis le début de ce blog. Ces moments d'échanges et de partage avec vous m'ont aidée à tenir le coup lorsque je sentais que ça n'allait pas trop bien. J'aimerai également en profiter pour adresser un petit mot à ceux qui au contraire, (sans doute frustrés par leurs propres échecs), ont essayé de me démoraliser dans mon projet de quelque manière que ce soit, en me faisant croire qu'en étant trop jeune et sans expérience dans ce domaine, il était impossible de réussir... Je suis donc la preuve que même les cas les plus desespérés sont tout de même récupérables... C'est rassurant !...
Pour vous dire la vérité, ma première réaction lorsque j'ai vu mon nom sur les listes a été de me sentir soulagée par rapport à mon entourage qui, pour ne pas changer, me talonnait sans cesse pour connaître l'issue des résultats en se comportant comme si la partie était déjà gagnée, et ne me laissant presque même pas le droit à une marge d'erreur toujours possible. Je me sentais une obligation de résultat, et je me demande si je ne stressais pas plus à ce niveau là que par rapport au changement professionnel que cela implique... Je suis également soulagée de m'aperçevoir que l'énergie et l'argent que j'ai investi dans cette reconversion n'auront finalement pas été dépensés pour rien... Il n'y a rien de pire que de se donner les moyens pour réussir, et de s'aperçevoir qu'on se retrouve sans rien à l'arrivée. J'en sais quelque chose... Une chance toutefois que je n'ai pas eu besoin de passer les écrits car je crois que j'aurai eu du mal à m'en sortir... A ce niveau là c'est bien la seule fois que mon bac professionnel aura servi à quelque chose !... Un petit mot encore pour souligner une fois de plus le fait qu'il m'aura fallu me débrouiller par mes propres moyens pour en arriver là. Aucun organisme spécialisé dans la recherche d'emploi n'ayant été en mesure de m'aider. C'est plutôt inquiétant pour l'avenir...
Maintenant s'annonçe pour moi une année de formation qui débutera le 3 septembre pour se terminer le 6 juillet 2008. Il faut que je choisisse rapidement mon lieu de formation parmis l'un des deux établissements qui m'ont acceptée. J'ai déjà une petite idée... Je sais que cette année de formation sera longue et difficile, et que je vais certainement en baver plus d'une fois. Mais le simple fait qu'on m'ait enfin fait confiance et que l'on m'ait accordée une chance me donne des ailes.
Je vous tient bien sur au courant de la suite des évènements...
22 juin 2007
Le travail rend-il inhumain ?
Dans le billet d'aujourd'hui, j'ai eu envie de m'interroger sur une question très intéressante que soulevait Reyne75 dans l'un de ses commentaires : "Le travail rend t'il inhumain ou bien y a t'il dans le monde du travail plus de gens sans coeur que d'humains ?" on aurait pu proposer ce genre de questions dans les sujets de philo de cette année , ce qui (à mon avis) aurait eu tout autant de valeur que "Que gagnons-nous à travailler ?"...
Pour répondre à cette interrogation, et aussi étonnante que soit ma réponse, je dirai qu'à mon avis dans certains cas, le travail peut rendre idiot... Certains en oublient qu'ils ont galéré avant de trouver un emploi, et ça leur monte facilement à la tête. Les gens sont de toute manière obnubilés par le travail qui les rend carriéristes et prétentieux, en particulier à l'égard de ceux qui n'ont rien. J'en ai encore fais l'expérience ce matin... Chacun court après sa petite réussite personnelle, son petit confort, sa petite promotion, quitte à écraser tout le monde au passage peu importe les conséquences... C'est une drôle de conception du monde professionnel, mais c'est pourtant dans bien des cas la réalité. Au lieu de travailler ensemble et de faire avancer les choses ensemble, on assiste à une forme d'individualisation ou le chacun pour soi règne en maître, où c'est l'argent qui domine tout. On préférera se séparer de salariés compétents qui donnent satisfaction, plutôt que de "perdre du budget". L'ennui, c'est que le jour où une entreprise fait faillite, ce même budget ne sauvera pas plus les dirigeants qu'il n'a sauvé les employés ! Est-ce que cela vaut-il vraiment le coup ?...
Le monde d'aujourd'hui avec la surconsommation et la mondialisation pousse les entreprises (et donc leurs salariés) à en faire toujours plus, plus, plus... C'est une éternelle compétition qui n'a jamais de fin. Et avec le Gouvernement en place les choses vont aller de mal en pis...
Vous voyez, pas besoin d'avoir fait des études de philo pour avoir un avis sur la question ! ![]()
19 juin 2007
Les étudiants en déprime
Ca tombe bien puisque nous sommes actuellement en pleine période d'examens, je suis tombée par hasard ce matin sur une étude de santé 2007 des mutuelles étudiantes de l'Usem, selon laquelle "un tiers des étudiants (31,3 %) connaissent des périodes de plus de deux semaines où ils sont "tristes, déprimés et sans espoir"... Toujours selon cette enquête établie à partir de réponses d'étudiants, "près de 35 % des étudiants ont également vécu pendant plus de deux semaines des périodes de perte de confiance et 9 % ont eu des "pensées suicidaires au cours des douze derniers mois". Viennent ensuite le sentiment d'isolement et de solitude, ainsi que le stress, les défauts d'orientation et les conditions finançières. Certains étudiants sont même obligés de consommer des médicaments pour les nerfs, voir de noyer leur angoisse dans l'alcool ou la drogue.
Ces chiffres sont inquiétants certes, mais on peut se demander comment, en partant de ce constat, ces étudiants (futurs travailleurs) réagiront lorsqu'ils seront confrontés au monde du travail, monde pour lequel ils sont loins d'être préparés... Lorsque je regarde mon parcours professionnel, je m'aperçois que les périodes de déprimes, de perte de confiance, de désespoir etc je les ais vécues au quotidien, pendant plusieurs années maintenant, à la seule différence que, par chance, je ne suis tombée ni dans la drogue ni dans l'alcool... Par contre les médicaments pour pallier aux insomnies me sont toujours nécessaires...
Et là on se rend compte de la rupture qui existe entre le milieu scolaire, et le milieu professionnel. Tant que l'on est scolarisé, on est pris en charge par des professeurs, par du personnel compétent qui sait répondre aux interrogations des élèves et les guider (avec plus ou moins de succès) dans leurs choix. Mais dès que l'on sort du système scolaire avec toutes ses illusions, on s'aperçoit que l'on se retrouve tout seul, sans aucun encadrement, à devoir effectuer des démarches et des recherches d'emploi sans savoir par où commençer... Le choc est assez brutal. Lorsqu' arrivent les premières réponses négatives (pour ceux qui ont de la chance...), le rêve commençe à laisser sa place à la réalité, réalité que l'on doit souvent affronter tout seul. Comment s'étonner que certains craquent ?
Je ne joue pas les oiseaux de mauvaise augure, j'énonçe simplement les choses telles qu'elles sont, telles qu'un demandeur d'emploi les vit au quotidien. Il faut être réaliste, le monde du travail a évolué (pas forcément en bien d'ailleurs...), et je pense qu'il serait bon que les étudiants soient réellement sensibilisés à cette réalité, sans forcément les décourager inutilement, mais en arrêtant de leur bourrer la tête avec des perspectives de carrières et des rêves qui ne mèneront à rien. Je pense qu'il serait bon aussi que les élèves qui sortent du système scolaire ne soient pas laissés à l'abandon, mais qu'ils puissent bénéficier d'un suivi qui leur permettrait de ne pas se sentir tout seuls. Théoriquement c'est l'ANPE qui est censée effectuer ce travail, mais un demandeur d'emploi a parfois aussi besoin de parler, d'évacuer son mal être... On ne va pas raconter sa vie à un agent qui doit faire ses entretiens à la chaîne... Mais c'est ça ou investir son fric dans une psychotérapie... Les étudiants en déprime ? Oui, mais pas seulement eux !
13 juin 2007
Encore des démarches...
Alors que l'attente se passe doucement avant les résultats de mon concours le 27 juin, j'ai essayé d'en profiter pour me changer un peu l'esprit puisque j'ai en effet eu 25 ans il y a quelques jours ! La fête a toutefois été de courte durée car il a déjà fallu me lancer dans de nouvelles démarches administratives, puisque je rentre désormais dans une nouvelle catégorie : celle des bénéficiaires du RMI... J'entends déjà certaines voix chevrotantes hurler au scandale et à l'assistanat. Et bien au risque de choquer certaines de ces "âmes sensibles", j'avoue ne pas éprouver la moindre once de culpabilité...
Un petit rappel s'impose. En effet depuis le 8 février 2006, jour où mes Assédics ont été coupées du jour au lendemain, et aujourd'hui le 13 juin 2007, je me retrouve à la fin du mois avec un calcul très rapide à effectuer : zéro euros en tout et pour tout. On m'avait alors rapidement fait comprendre à ce moment là que je n'avais pas droit à l'Allocation Spécifique de Solidarité puisque je n'avais pas travaillé entre 5 et 10 ans, ni au RMI puisqu'il fallait pour cela avoir 25 ans. Je n'ai pas fait de scandale non plus lorsque par dessus le marché on m'a demandée de payer des impôts, tout ça parce que j'avais travaillé ces 6 malheureux mois en 2004/2005 qui m'ont plus foutue dedans qu'autre chose. Je me suis dit que cet argent je l'avais gagné comme tout le monde, et que comme tout le monde je devais donc payer ma part... Je n'ai pas insisté non plus lorsque je me suis aperçue qu'aucun organisme ne voulait m'aider à prendre en charge les 574 euros de préparation au concours d'aide-soignante dont je viens de recevoir la facture, et qu'il va falloir m'acquitter de ma poche... Sans compter les frais de concours, ni les nombreux tickets de bus qu'il m'a fallu dépenser puisque je n'avais également plus droit aux titres de transports gratuits... A cela, Certains me rétorqueront que je n'étais pas obligée de faire une reconversion professionnelle ni d'effectuer une prépa de concours, certes, mais qu'on ne vienne alors pas me critiquer parce que je n'ai pas de travail...
Pour m'en sortir, j'ai tout simplement la chance d'avoir tout de même un peu d'argent de côté que j'ai économisé, et qui m'aide à tenir le coup. Lorsque j'ai compris que les choses commençaient à tourner au vinaigre avec mon ancien employeur, et que les promesses d'embauches avaient été "oubliées", j'ai vite compris que la traversée du désert allait recommençer, et que de nouvelles galères m'attendaient. J'ai gardé mes quelques économies bien au chaud à la banque, en me disant que j'en aurai vivement besoin un jour ou l'autre...
Je n'ai jamais fraudé ni effectué de fausses déclarations ou je ne sais pas quoi, mais je m'aperçois que plus on est honnête, plus on est perdant dans l'histoire. Voilà pourquoi j'estime que la société a une part de responsabilité dans ce qui m'arrive, et dans ce qui arrive chaque jours à des milliers de personnes victimes d'un système qui broie matériellement, physiquement et surtout psychologiquement tout ceux qui n'ont pas les moyens de s'en sortir. Car c'est facile de dire à quelqu'un "tu n'as qu'à prendre n'importe quoi, tu n'as qu'à faire çi, tu n'as qu'à faire ça...". La réalité du terrain est bien différente, et reporter la faute et la culpabilité sur les autres ne leur servira pas à leur trouver un boulot.
Voilà pourquoi je n'ai pas de honte à enfin toucher un petit quelque chose à la fin du mois, même si la somme est symbolique. Je ne demande pas grand chose. Mais ça me remboursera au moins tous les frais occasionnés jusqu' içi, ce qui n'est que justice...
08 juin 2007
Soldes d'été chez les salariés
Eh oui, les vacances arrivent à grand pas, et ceux qui n'ont pas eu la chance de trouver un job d'été pourront toujours afficher cette pancarte sur leur CV, peut-être que les employeurs profiteront de ces réductions pour embaucher du personnel supplémentaire à moitié prix (au point où on en est...)
Merci à Reyne75 d'avoir gentiment accepté de me permettre d'afficher ce petit panneau ! J'en profite d'ailleurs pour vous inviter à visiter son blog de dessins très sympa dans lequel le pingouin dépressif que vous voyez à l'image, se bat lui aussi pour trouver un emploi... On lui souhaite bon courage !
04 juin 2007
Le chômage dans le monde
En lieu et place des habituels chiffres du chômage mensuels qui, de toute façon, ne nous réservent plus beaucoup de surprises (encore en baisse !...), j'ai préféré aller un peu plus loin en vous donnant une idée de ce qui se passe hors de nos contrées, plus précisémment au Japon et aux Etats-Unis.
Les japonais semblent en effet plus chanceux que nous puisque leur taux de chômage est tombé en avril à son niveau le plus bas depuis neuf ans (3,8% contre 4% en mars). Une bonne nouvelle pour leurs entreprises qui, parait-il, se plaignent d'un manque de main d'oeuvre. Avec toutes nos entreprises qui délocalisent chez eux, je crois que leur problème sera bientôt réglé... A noter que les sociétés japonaises adoptent une autre mentalité que la nôtre puisque les jeunes diplômés sont très courtisés. Le chômage a ainsi fortement baissé chez les 15-24 ans, passant à 7,5% contre 8,9% en mars.
Au pays du hamburger et du Coca Cola par contre, c'est un peu la douche froide. Les créations d'emplois semblent au plus bas depuis deux ans et demi environ. 88 000 créations d'emplois pour le seul mois d'avril 2007, contre 177 000 en mars. Le chômage est ainsi en légère hausse, preuve que le modèle américain n'est pas aussi "tendance" que certains veulent bien nous le faire croire...