15 mai 2007
Ne compter que sur soi-même
Alors que je me prépare doucement à passer mon second oral du concours d'aide-soignant(e), et en attendant les résultats du 27 juin, j'ai aujourd'hui un petit coup de blues (sans doute le temps !), qui m'a poussée à réfléchir un peu sur mes quatre années de chômage qui se sont écoulées à une vitesse fulgurante. Sans forcément toujours m'en aperçevoir, (ou peut-être sans vouloir forcément le reconnaître), je me suis aperçue que ce bout de chemin, cette embûche sur mon parcours, je l'avais vécue seule, sans personne ou presque pour le partager. Rares en effet sont les personnes de mon entourage qui n'ont pas détournées le regard en m'entendant prononçer "non je suis toujours en recherche d'emploi", comme si je venais de leur annonçer que j'avais la lèpre... Des gens qui pourtant me connaissent souvent depuis longtemps, mais qui outre le fait de me questionner inlassablement sur ma situation professionnelle, n'ont jamais manifestées le désir d'essayer de m'aider, ne serait-ce que par courtoisie. C'est cette attitude que je trouve regrettable. J'aurai bien aimé qu'on m'apprécie pour mes qualités (je dois bien en avoir quelques unes bon sang !) qui n'ont pas forcément un rapport avec le monde du travail. J'aurai bien aimé qu'on m'apprécie pour ce que je suis tout simplement, sans tenir compte de ma situation professionnelle. Pourtant ça doit être faisable ?... Hélas avec le nouveau Gouvernement actuel qui ne sait que traiter les gens d'assistés et de profiteurs, j'ai bien compris que les choses vont aller de mal en pis... Car il est facile de condamner les autres parce qu'ils ne correspondent pas au modèle social "idéal". Mais Essayer de trouver ensemble des solutions, c'est plus dur !...
Que ce soit l'ANPE, la Mission Locale, les bilans de compétences etc, personne n'a été en mesure de m'aider. Je me pose tout de même certaines questions... Quand au piston, comment fait-on quand on a pas la chance d'avoir papa maman bien installés dans le monde professionnel, et qui grâce à leur bras long ont la solution au problème ? Encore qu'à ce niveau là j'ai quelques doutes, car être dans le monde du travail ne signifie pas forcément CONNAITRE le monde du travail... J'en ai fais l'expérience également ! Les conseils débiles venant de donneurs de leçons qui savent tout et qui connaissent tout, j'ai déjà donné.... Mes frais de concours et de préparation au concours sont sortis de ma poche. Personne (à part l'un ou l'autre que je remercie), ne s'est préoccupé de savoir comment je m'en sortais finançièrement, ni si j'avais besoin de quelque chose. J'aurai tout naturellement refusé, mais l'intention m'aurait touchée...
Conclusion, au delà d'une certaine déception compréhensible par rapport aux rapports humains, je me suis aperçue que pour réussir dans la vie et essayer de "devenir quelqu'un", il ne fallait compter que sur soi-même, et ne surtout rien attendre des autres. C'est une philosophie de vie que j'ai adoptée et qui me rend aujourd'hui bien service. J'ai appris à ne plus accorder aveuglément ma confiance à des gens qui ne le méritaient pas, ou qui en ont profité pour se retourner ensuite contre moi. Le net m'a heureusement fait un meilleur accueil, et j'ai pu rencontrer (j'en rencontre encore quotidiennement), des personnes qui ont un autre état d'esprit, et une mentalité un peu plus évoluée. Encore que là aussi il convient d'être prudent, le net pouvant parfois réserver bien des suprises venant de personnes dont on ne s'y attendait pas... A force, j'ai ainsi dans la vie de tous les jours appris à repérer les gens qui ont réellement des intentions bienveillantes à mon égard (il y en a heureusement, et j'ai envie de les remercier de n'avoir pas succombé à la connerie ambiante de la plupart des autres...!). Comme quoi, mieux vaut privilégier la qualité à la quantité, et mieux vaut parfois être seul(e) que mal accompagné(e)...