28 avril 2007
La France qui se lève tôt...?
J'ai eu envie de vous faire part d'une initiative qui à eu lieu hier dans ma ville, et que j'ai trouvée franchement choquante et parfaitement inutile, en tout cas tout à fait révélatrice des coups fourrés que certains candidats à la présidentielle n'hésitent pas à mettre en oeuvre pour espérer grapiller quelques voix supplémentaires...
En effet hier matin à 7h30, de jeunes militants UMP se sont installés au centre ville, distribuant ainsi cafés chauds et croissants frais à la "France qui se lève tôt", sans doute pour rappeler les "valeurs du travail" et souligner accessoirement le fait que certains se tuent à la tâche pendant que d'autres évidemment se la coulent douce...
Au delà d'un aspect marketing évident, je me suis demandée ce qu'en pensaient tous les travailleurs de nuit, ceux dont les horaires sont décalés (métiers de la santé, de la restauration etc...), mais qui pourtant travaillent aussi !, ainsi que les demandeurs d'emploi qui ne demanderaient peut-être pas mieux que d'avoir eux-aussi un boulot... De plus en plus j'ai la curieuse impression que seuls les "vrais travailleurs" (je suppose qu'il faut calculer la tranche horaire entre 6 heures et 8 heures du matin...) ont vraiment leur place dans la société, et que tous les autres sont soit des fainéants et des profiteurs, soit des bons à riens. Mais il parait que c'est inscrit dans nos gênes...
Curieuse manière de penser de la part d'un candidat qui brigue les plus hautes fonctions de Chef de l'Etat. Moi j'appelle cela une forme de discrimination sociale (ça doit sans doute être ça la fameuse discrimination positive). Et dire qu'un Président digne de ce nom devrait faire en sorte de représenter chaque français quel qu'il soit afin que chacun trouve sa place dans la société... On est plutôt mal partis. Mais à en croire les résultats du premier tour, il faut en déduire que les français sont contents de leur sort !...
Du coup nous sommes nombreux à ne pas avoir eu droit au croissant frais hier matin. Ca ne fait rien, de toute façon je préfère les brioches...!
27 avril 2007
Chômage en mars 2007
Le nombre de demandeurs d'emploi est toujours en baisse selon le Gouvernement, et s'établit maintenant à 8,3 % de la population active, soit une baisse de 1,4 % par rapport au mois précédent.
Rappelons que ces chiffres sont plus que jamais soumis à controverse, et que la CGT prévoit de nombreuses manifestations à l'occasion du 1er mai.
24 avril 2007
Quelques nouvelles
Ma préparation au concours d'aide-soignant(e) venant de s'achever, me voilà en phase décisive à quelques semaines du concours. Nos deux derniers jours de prépa. ont été l'occasion de retravailler la manière d'aborder un thème sanitaire et social et d'exprimer nos motivations. Les simulations orales nous ont également permis de nous tester en tant que jury, afin que nous comprenions bien le rôle que celui-ci a à jouer. Je me suis aperçue qu'être jury n'est pas aussi facile que ça en l'air. Il faut faire durer l'entretien, s'adapter à chaque candidat... Une autre forme de stress en somme ! Et une bonne manière également de dédiaboliser l'image que l'on peut avoir avoir du jury, et dont il est vrai que je n'avais pas gardé un souvenir impérissable depuis la fin de mes années lycée... Le seul regret que je peut garder par rapport à cette prépa. reste les avis parfois contradictoires de nos formatrices quand à la manière de mener notre oral. Quand l'une disait noir, l'autre disait souvent blanc ! Difficile dans ces conditions de savoir exactement ce qu'il faut dire et ne pas dire...
C'est ce matin que j'ai reçu ma première convocation (la seconde se faisant attendre...) pour l'Hôpital Civil. Je passerai donc mon premier oral le 9 mai, et le stress commençe déjà à monter... Il faut dire que je porte un poids supplémentaire sur les épaules, car contrairement à la plupart de mes camarades de prépa., aucun boulot ne m'attend en cas d'échec. C'est quitte ou double. Soit je réussis (auquel cas buffet froid et feu d'artifice seront prévus sur mon balcon !), soit j'échoue et je repars dans mon chômage pour une période indéterminée... Ce n'est pas la seule raison qui me pousse à donner mon maximum. J'aimerai enfin me débarasser de cette image de "looseuse" qui me colle à la peau. J'aimerai que les gens arrêtent de me regarder et de me voir comme "la pauvre petite" qui n'a pas de chance et qui loupe tout ce qu'elle entreprend. Et puis il y a toujours la peur de déçevoir les (rares) personnes qui croient en moi et qui soutiennent mon projet, encore que j'en ai parlé au moins de monde possible afin de limiter les interrogatoires en règle (alors tu as réussi ? C'est quand les résultats ?...).
Un petit mot encore pour signaler un signe de vie de la part de l'ANPE qui, une fois n'est pas coutume, m'a envoyée ce matin une offre d'emploi pour un poste de... secrétaire...
avec évidemment un à deux ans d'expérience exigée... Mieux vaut que je ne fasse pas de commentaires car je pourrais avoir des mots malheureux...!
19 avril 2007
... A l'art du CV
Complément indispensable de la lettre de motivation, le CV a pour but de donner à l'employeur des précisions supplémentaires sur le profil et le parcours professionnel du candidat. Je n'ai pas içi la prétention de vous donner des conseils pour élaborer votre CV, (d'autres s'en chargent bien mieux que moi), mais j'ai tout de même pu relever quelques détails amusants venant de gens qui se disent professionnels...
Histoire de me tenir un peu informée des dernières tendances en matière de recrutement, je jette de temps en temps un oeil sur la presse spécialisée en grande surface. Dernièrement, je tombe sur un magazine dont l'un des dossiers se trouve justement être consacré aux techniques de construction de son curriculum-vitae. Et là on trouve toutes sortes de conseils très avisés : "évitez de préciser sur votre CV que vous avez été au chômage"... A moins d'être complètement à côté de la plaque ou de le faire exprès, je pense que tout le monde ayant un minimum de cervelle l'aura bien compris. A cinq euros le magazine, ça fait un peu cher le conseil...
En fouinant un peu sur le net, on arrive à trouver des sites qui, moyennant finançes (...), proposent de télécharger des modèles de CV au look plus au moins ravageur, histoire de compenser le fait que l'on a rien à marquer dessus. Car en effet, comment attirer l'oeil du DRH lorsque l'on a aucune ou peu d'expérience professionnelle ?... C'est là qu'en général interviennent les loisirs et les activités extra-professionnelles. En effet, la pratique d'un sport collectif par exemple informera l'employeur que vous savez travailler en équipe, alors que la pratique d'une activité artistique lui démontrera que vous possédez des capacités créatives. Seulement, doit on vraiment spécifier sur son CV que l'on fait partie du club des décorateurs d'assiettes, ou que l'on est un membre actif des Amis de la récitation du chapelet ?... Attention, toute vérité n'est pas bonne à dire ! Et quand on sait qu'un recruteur met en moyenne 30 secondes pour lire CV et lettre, on se demande si l'on doit vraiment gaspiller son temps et son argent dans le fond et dans la forme...
De plus en plus fréquemment, le CV doit également être accompagné d'une photo, celle ou précisémment on a la mèche de travers, le nez qui coule ou une poussée d'acnée. Vous aurez d'ailleurs tout le temps d'en refaire de nouvelles, puisque dans la majorité des cas vous ne reverrez jamais vos photos. Peut-être les employeurs font-ils collection ? On peut d'ailleurs à juste titre s'interroger sur l'utilité d'en envoyer, ne serait-il pas plus simple de convoquer directement le candidat afin de le voir face à face ? Cela éviterait au moins l'impression d'être recruté sur son apparence...
13 avril 2007
De la lettre de motivation...
Ecrire une lettre de motivation reste toujours un exercice particulier et périlleux. Ceux qui l'ont déjà expérimenté savent de quoi je parle... Il faut arriver à trouver les mots justes, à attirer l'attention du recruteur, à lui fournir des arguments... A l'époque où je suis entrée sur le marché du travail, je pouvais passer des journées entières à me casser le cibouleau sur une lettre afin qu'elle soit la mieux formulée possible, sans effets de répétition, quitte à la recommençer dix fois si besoin était. Mais lorsque je me suis aperçue que 90 % de mes courriers restaient sans réponse, j'ai rapidement appris à être beaucoup moins exigeante avec moi-même...
Ecrire une lettre correcte peut relever du véritable chemin de croix, en particulier avec les annonçes sous numéro. Comme passer une annonçe coûte cher à l'employeur, celui-ci s'en tient généralement au strict minimum. On ne sait donc souvent pas à qui on écrit, où on écrit, et pourquoi on écrit... Essayez de rédiger une page entière à partir d'une annonçe qui se résume à "recherche secrétaire, bonne présentation exigée"...
Si par miracle l'inspiration vous vient, encore faut-il faire attention au style et au tournures de phrases employés. A éviter, les suppliques larmoyantes qui donneront un air pathétique à votre lettre, ou les posts-it menaçants du type "donne moi ce boulot où je t'écrabouille". Si la lettre est trop longue, elle ennuiera l'employeur, si elle est trop courte, elle lui donnera l'impression que vous n'avez rien à dire. Dernière touche finale : la formule de politesse. Tâchez d'être poli, tout en ne l'étant pas trop : "En m'excusant de vous demander pardon, je vous prie de bien vouloir agréer mes sentiments respectueux alliés a ma profonde reconnaissance et à mes salutations les plus sincères"...
Comme on le voit (et dixit les donneurs de leçons), écrire sa lettre de motivation est plus complexe qu'on ne le pense. Attendez le CV !...
07 avril 2007
Objectif : licenciements
Avant tout, je tenais à vous souhaiter de joyeuses fêtes de Pâques !
Il n'était pas dans mon intention d'écrire un billet ces jours ci, mais l'actualité des présidentielles en matière d'emploi en a finalement décidé autrement, et j'ai eu envie de prendre ma plume (ou plutôt mon clavier) pour pousser un nouveau petit "coup de gueule".
En ces périodes électorales, notre journal TV régional a en effet eu l'idée d'interwiever chaque semaine une certaine catégorie de citoyens, afin de leur demander quels étaient leurs souhaits et leurs attentes de la part du futur Président de la République. Cette semaine, c'était les employeurs qui étaient à l'honneur... Je pensais entendre quelques paroles rassurantes, encourageantes quand à l'avenir de nos milliers de chômeurs et salariés dont l'avenir est plus que jamais incertain, et malheureusement tel n'a pas été le cas...
Interrogé par le journaliste, le DRH d'une célèbre firme de téléphonie a répondu sans sourciller que son souhait à quelques semaines des élections, serait de pouvoir bénéficier de... facilités de licenciement des salariés... Rien que ça ! En effet en raison d'un "marché toujours fluctuant", il a évoqué la nécessité de pouvoir jongler avec ses effectifs, et de les adapter en fonction de la charge de travail. Mais pour cela, il lui faut disait-il "faciliter les démarches de licenciements"... Je n'ai évidemment aucun doute quand à la nature de son vote d'ici quelques semaines... Tomber du canapé fut d'abord ma première réaction... Voilà comment certains de nos employeurs aujourd'hui trouvent la solution à tous leurs maux : licencier. Plus que jamais j'ai eu le sentiment que nous ne sommes finalement que des pantins maléables, des pièces d'échec que l'on déplace au gré de ses envies et selon sa stratégie, sans demander l'avis des principaux concernés, et sans se préoccuper des conséquences que cela entraîne pour tous ces gens. Pas le temps, la productivité avant tout !...
"Moi j'aimerai que notre Gouvernement se bouge et protège nos entreprises françaises de disparaître, entraînant avec elles la perte de ces salariés qui font la richesse de notre pays. Alors que notre taux de chômage est tellement élevé que le Gouvernement est obligé de le maquiller, nous ne manquons pourtant pas de bonnes volontés qui n'ont pas la possibilité de s'exprimer et de montrer leur potentiel. J'aimerai qu'au lieu de porter un regard passif voir désintéressé sur la question, que ce futur président se batte un peu pour que nos entreprises qui font notre fierté depuis parfois de nombreuses générations restent françaises, conservant ainsi ce qui fait leur essence même." Voilà ce que j'aurai répondu si on m'avait interrogée en tant qu'employeur sur le sujet...
Finalement je me dis qu'il vaut mieux pour moi me retrouver dans ma situation de demandeuse d'emploi, et j'espère un jour de salariée... DRH ne serait pas un emploi pour moi. Côtoyer au quotidien des gens avec ce type de mentalité ne m'apporterait rien de bon si ce n'est de la déception et du dégoût. Et je crois qu'à ce niveau là, j'ai déjà eu mon compte...
03 avril 2007
Chômage en février 2007
Nouvelle baisse du chômage pour le mois de février (- 1 %), le portant désormais à 8,4 %. Au delà de cette baisse annonçée, et à l'approche des élections, ces chiffres continuent de semer le doute dans les esprits, et d'alimenter la polémique concernant leur réalité. Voici à ce propos la réaction de Madame Arlette Laguiller. Je vous laisse méditer dessus...
"Non, le chômage n'a pas baissé", a affirmé vendredi Arlette Laguiller, estimant qu'"on est bien au-delà des chiffres officiels" annoncés la veille (8,4% de la population active en février 2007).
"Qui va croire à ces balivernes? On n'arrête pas de licencier dans tout le pays. On est bien au-delà des chiffres officiels".
"On sait très bien qu'on raye à tour de bras les chômeurs, on sait très bien qu'il y a beaucoup de jeunes qui sont tellement découragés qu'ils ne s'inscrivent même pas. Non, le chômage n'a pas baissé à mon avis".
A la question de savoir si les chiffres publiés par le gouvernement s'apparentaient à un "mensonge d'Etat", Arlette Laguiller a répondu: "oui, je le pense. On trafique les statistiques".
"Je dis qu'on radie à tour de bras les chômeurs et je dis qu'il ne peut pas y avoir de baisse de chômage alors qu'on ne cesse pas de supprimer des emplois dans toutes les entreprises, dans toutes les régions de ce pays", a encore estimé la candidate trotskiste. "J'estime que ce n'est pas deux millions de chômeurs, c'est au moins sans doute trois millions, sans compter tous ces chômeurs partiels que sont les CDD, les intérim".